Amendes amères chez les amateurs !

26 octobre 2012 - 19:30

La grogne monte chez les élus en charge du sport !

   La grogne monte chez les élus en charge du sport contre les amendes infligées aux clubs amateurs. En pleine campagne électorale, la FFF reconnaît des «exagérations».

   Promis, juré, la publication de son étude au coeur de la campagne présidentielle à la FFF est une «coïncidence». Le 16 octobre, l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) a livré plus de 300 témoignages sur «la perception du football français» par les communes, premiers contributeurs du foot amateur via les infrastructures (stades) et les subventions. Un sujet, notamment, fâche les élus : le poids financier croissant des amendes sportives et administratives infligées aux petits clubs par les districts (départements) et les ligues (régions). «On a l'impression que les arbitres sont là pour faire du chiffre, que les cartons n'ont pas d'autre but que de remplir les caisses», attaque Francis Gérard, premier adjoint à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) et membre fondateur de l'Andes dans les années 2000. Entraîneur de la montée en D2 de Fontainebleau en 1981, aujourd'hui en charge des affaires sportives à Avon (Seine-et-Marne), Jean-Paul Grandière fustigeun «système abusif». «Les subventions municipales n'ont pas vocation à payer les amendes des clubs mais à contribuer au lien social. L'arsenal disciplinaire de la FFF est bien assez large pour ne pas taper, en plus, au portefeuille.»

40 euros pour une feuille de match mal remplie

   Selon l'étude, le produit des amendes représente pour la moitié des élus locaux entre 5 et 10% du budget des clubs et peut atteindre 40 à 50% du budget annuel d'un district. Pour 61% des élus, le système actuel des amendes est pénalisant pour les clubs amateurs, et pour 65% il devrait être revu. «On pourrait imaginer un système d'exclusion temporaire comme au hand ou au rugby», suggère M. Gérard pour lequel les structures décentralisées de la FFF «ne doivent pas être des administrations collectrices d'amendes». Ou alors «flécher clairement la redistribution vers des actions éducatives et de formation», propose M. Grandière qui ironise sur les amendes administratives pour une feuille de match mal remplie (40 euros) ou une absence à une AG de district (150). Pour Cyril Cloup, directeur général de l'Andes, «les sommes versées par les clubs aux districts ou aux ligues ne sont pas totalement redistribuées dans les clubs eux-mêmes, loin s'en faut».
 
   «Le système des amendes reste adapté à la dissuasion des comportements antisportifs. Mais que certaines amendes soient exagérées, j'aurais de la difficulté à le contredire.»A première vue, les pénalités FFF pour comportements antisportifs ne paraissent pas exorbitantes. Elles s'échelonnent de 17 euros pour «propos blessant à l'encontre d'un officiel» à 200 euros pour «brutalité entraînant une blessure». Ces amendes, qui s'ajoutent aux sanctions sportives (suspensions, retraits de points), sont toutefois fixées par chaque district ou ligue qui sont «souverains en la matière», rappelle le président de la Ligue du football amateur (LFA), Bernard Barbet. En fin de mandat en février prochain, l'ancien (et futur ?) président de la Ligue Rhône-Alpes, réagit avec prudence à «une étude pas forcément très représentative de la réalité du terrain». Il concède toutefois des «exagérations». «Le système des amendes reste adapté à la dissuasion des comportements antisportifs. Il n'y a pas d'anomalie à ce que ceux qui se tiennent mal paient plus que les autres. Mais que certaines amendes soient exagérées, j'aurais de la difficulté à le contredire. En période de crise, le financement pose un problème aux districts et aux ligues.» L'étude des élus a été menée en collaboration avec l'AFFA, l'Association du "foot d'en bas" d'Eric Thomas, candidat contre Noël Le Graët et Fernand Duchaussoy en 2011. Lequel n'a pas manqué pas de tacler la 3F dans un entretien au Monde le week-end dernier : «Les subventions des communes servent avant tout à payer les amendes infligées par la Fédération, il s'agit donc d'une subvention déguisée vers celle-ci.»

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